Un livre : "La cathédrale de la mer" de Ildefonso Falcones

Publié le par skorpionnan

La_cathedrale_de_la_mer.jpg"La cathédrale de la mer" de Ildefonso Falcones 


Genre : Roman historique 

Editions Rober Laffont (2008) - 614 pages 

Quatrième de couverture: 

XIVe siècle. Au rythme de la construction de la cathédrale de Santa Maria del Mar et au fil d'un parcours tumultueux se façonne peu à peu le destin hors du commun d'Arnau Estanyol, fils d'un paysan exilé à Barcelone, bientôt héros de tout un peuple. Passé du statut de simple porteur de pierres à celui de consul de la cité catalane, tour à tour confronté à la Grande Peste, à la persécution des juifs et à l'Inquisition, il devra sans cesse affronter les plus grands périls, mais ne renoncera jamais pour autant à défendre la cause des plus pauvres et des plus faibles. 

La Cathédrale de la mer a rencontré un succès sans précédent auprès du public espagnol et dans tous les pays où il est déjà sorti. Traduit dans une trentaine de langues, ce livre est devenu un phénomène éditorial. Grande fresque historique et roman d'aventures foisonnant de personnages et de rencontres, de trahisons et d'histoires d'amour, c'est également un vibrant plaidoyer pour la fraternité.

 

Mon avis:

Nous suivons dans le roman les péripéties d'une famille espagnole au XIV ième Siècle. D'abord heureuse, leur situation va empirer. On retrouve finalement le jeune Arnau Estanyol dans Barcelone, ville libre, où son travail, son opiniâtreté et aussi son bon coeur vont lui permettre de changer le cours  de son existence.

Toute sa vie est marquée par une Foi simple et sereine, toute sa vie il essaiera de passer outre ses préjugés pour voir derrière les fonctions, derrière les situations sociales et donc derrière les castes, les êtres humains. Et ces personnages sont hauts en couleurs: des portefaix rugueux mais solides, physiquement et en amitié; des nobles généreux mais d'autres envieux, égoïstes et profiteurs; des étrangers étonnants et exotiques, Juifs, Maures, vénitiens, qui passée l'incompréhension deviendront ses amis; des prêtres veules et corrompus et d'autres sincères mais confrontés au pouvoir.

Toute cette fresque n'est que la quête continue du héros de se détacher de ses chaînes. Parfois physiques en prison ou dans la maladie, elles sont le plus souvent morales. Ces dépendances sont la servitude de l'homme, celles qui le retiennent prisonnier et l'empêchent d'atteindre sa liberté.

Les titres des différentes parties du livre marquent bien les esclavages dont les protagonistes doivent s'affranchir :

- Serfs de la terre
- Serfs de la noblesse
- Serfs de la passion
- Serfs du destin 

Les femmes occupent également une place importante dans ce roman, mères, épouses, amantes filles ou simplement amies elles accompagnent Arnau Estanyol dans ses péripéties. Car des péripéties il y en a, des aventures, de la sueur et du sang, le héros ne vit pas de pensées intérieures et jansénistes, non il vit dans toute la fougue de ses passions, amoureuses,  amicales mais aussi haine et vengeance dont il ne se prive pas lorsque l'occasion lui en est fournie.

Le style de l'auteur est superbe: il arrive à nous présenter des ambiances extrêmement diverses, des lieux très différents, et vous vous retrouvez portés dans la chaleur exténuée des portefaix, dans la pénombre sereine d'une cathédrale ou la fureur stupide d'un assaut. Les tableaux historiques sont magnifiques et l'on apprécie la culture discrète de l'auteur, même si parfois l'imagination comble (avec bonheur) les trous de l'Histoire. Aucune aspérité déplacée ne vient dans le texte déranger le plaisir de la lecture et ce livre se dévore sans lassitude..

Les personnage sont attachants: humains, leurs caractères sont précisément ciselés mais ils restent avant tout faillibles et même parfois stupides.

Pourquoi la "Cathédrale de la mer" alors ? Parce que cette cathédrale à la quelle se retrouve attachée la famille Estanyol, s'élève doucement, parfois s'effondre, sa construction s'interrompt, mais elle avance toujours. Comme la Vierge Marie, l'amie d'Arnaud , elle est là,vigilante, confiante. La cathédrale est le fil conducteur spectateur de cette fresque, le symbole de ce que la simplicité du peuple peut amener de grandiose.

 

On ne peut s'empêcher de penser a propos de ce livre à "Les Piliers de la Terre", pourtant si j'ai beaucoup aimé le livre de Ken Follet, je trouve à celui-ci un bien plus profond  parfum d'aboutissement et d'intelligence.

Ma note : 18/20

Publié dans Livres

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pauline 21/08/2010 16:37


Dire qu'il me faisait déjà de l'oeil !!!