Mariée au KGB de Renata Lesnik

Publié le par skorpionnan

mariee_kgb.jpgMariée au KGB 

 

Auteur : Lesnik, renata

 

Editions: Gingko

 

Parution: Octobre 2010

 

398 Pages

 

Broché, 22x13

 

Isbn : 978-2-84679-083-3

 

Classement personnel : GDO-BIO-RUS ( Guides et documents, (auto)biographie, Russie)

 

 

 Ce livre a été lu dans le cadre d'un partenariat Masse Critique et je remercie l'éditeur Glinko et la team du site Babelio.


Quatrième de couverture

 Près de vingt ans après la fin de l'Union soviétique, il reste encore des dissidents. Condamnée à mort en 1983 pour « haute trahison d'État », Renata Lesnik en est le vivant exemple.


Ses crimes ? Être passée à l'Ouest en bernant le KGB et avoir révélé dans Ici Moscou, son premier livre, le vrai visage du régime.

Avec Mariée au KGB, en femme libre, elle nous livre enfin ses Mémoires et dévoile un pan largement méconnu de l'Histoire récente.

Avec sa verve sans égale, son humour ravageur - sans idéologie ni pathos - elle évoque sa résistance au sein d'un système totalitaire et son quotidien à travers une URSS digne de Kafka.

Passionnant thriller politique, la vie de Renata - toujours sur le fil du rasoir - prend littéralement le lecteur aux tripes.

Intransigeante, courageuse et authentique, elle s'est affirmée comme l'un des plus brillants experts de la Russie post-soviétique, sans jamais accepter le compromis.

Toujours traquée, cette réfugiée politique en France est devenue, aux yeux de certains, un témoin gênant.

Qui a peur de la Vérité ? Qui a peur de Renata Lesnik ?

Lecture:

 La jeunesse de Renata est remplie de la malice et de la joie de vivre d'une petite fille ingénue et intelligente. Sa vivavité et ses initiatives la font vite remarquer et elle se démarque de ses camarades dans ce monde soviétique figé (mais plus bulgare que Russe car en Moldavie).

Mais son intelligence est aussi faite d'indépendance et rapidement elle apprend à devenir une bonne actrice, jouant ce que l'on attend d'elle pour se préserver.

Elle grandit et doit continuer ses études dans une grande ville, puis aller travailler à Moscou.

A 18 ans elle y épouse un homme de deux fois son âge;

Elle finit par se rendre compte que celui-ci est un "Gébiste", un homme du KGB.

Elle va alors passer sa vie à louvoyer. Ambivalence des facilités que lui procure la position de son époux et de l'horreur d'être engluée dans une toile omniprésente et mortelle. Car si son intelligence lui permet d'éviter les pièges et de se faire dévorer par le KGB, sa position lui permet aussi de déjouer certaines situations fâcheuses.

Mais  petit à petit sa situation de pénible va devenir difficile puis intenable puis horrible.

Avis:

La première partie du roman , l'enfance, est superbe, On y retrouve des accents de Pasternak, avec des moments de bonheur très convaincants. des bonheurs simples remplis d'amour pour la famille.

Ensuite comme la vie de l'"héroîne", tout devient beaucoup plus dilué et confus. Devant la montée des difficultés et de l'horreur, on sent que l'auteur, qui est aussi l'acteur principal,  se détache de la réalité pour n'en extraire que les rares moments de relâche, les instants ou l'amitié ou l'amour apportent une petite lumière .

Malheureusement ce détachement, seule sécurité pour rendre l'insupportable supportable, est aussi ce que l'on ressent à la lecture. Voulant se protéger, l'auteur nous protège aussi et nous éloigne. Du coup je me suis senti assez peu concerné par ces récits de voyages, où, comme interprète, elle accompagne des hurluberlus attachants ou horripilants entre cuites et cérémonies sous l'oeil omniprésent des agents du KGB (avec lequel elle collabore plus ou moins).

Cela va trop vite car éludé pour cacher la douleur, ou trop lentement car rempli de futilité, même si salvatrice. 


 Mais il s 'agit d'une autobiographie et quelques pépites resplendissent dans cette grisaille: une mention particulière à la scène de passion qui est superbe. Alors si on regrette que les souvenirs semblent passés au tamis édulcorant, on le pardonne volontiers.

Conclusion

Quelques instants très intenses font aimer ce livre, s'il était tout entier de cette impudeur, ce serait un chef-d'oeuvre : 14/20.

Renata Lesnik est une Dame avec qui j'aimerais échanger.

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