"Halte à Yalta" de Emmanuel Ruben

Publié le par skorpionnan

 

 

halte_a_yalta_400.jpgHalte à Yalta 

 

Auteur : Ruben, Emmanuel

 

Editions: JBZ et Cie

 

Parution: Août 2010

 

235 Pages

 

Broché, 15X20

 

Isbn : 9782755606140

 

Classement personnel : ROM-RUB-HAL ( ROMan, RUBen, HALte)

 

 

 Ce livre a été lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et je remercie JBZ et Cie et la team du Site Livraddict.


 "Je crois même, que je cherchais à le perdre, mon temps : je me disais naïvement que chaque heure perdue, ce pouvait être une impression de gagnée, voire une personne de rencontrée." p20

Quatrième de couverture : 

Mettons que c'était pour toutes ces raisons que je l'avais laissé me suivre. Mettons que j'avais trouvé le frère cadet qui me manquait. Mettons que j'avais trouvé l'enfant que je n'avais pas vu - voulu voir ? - naître. Je crois que je comprenais petit à petit pourquoi, d'une banale rencontre faite dans un train, était née une histoire - je ne dis pas une amitié ; entre le Tatar et moi, il s'agissait à la fois de bien plus et de bien moins que cela - une histoire, oui, qui devait durer dix jours à ne pas se lâcher d'une semelle.

Lecture:

 Le narrateur traîne ses guêtres en diagonales aléatoires au travers de toute l'ex Union Soviétique. Au gré des humeurs, des circonstances ou du vent il pousse son errance de Sibérie en Ukraine, de l'Orient à l'Occident.

Dans le train pour Yalta, il rencontre un Tatar, une jeune homme qu'il accompagne et qui l'accompagne durant 1 semaine d'amitié dans cette ville.

Avis:

La langue d'Emmanuel Ruben est riche et foisonnante, mèlant habilement les 'immarcescible' et 'bagnole'. 

Les chapitres sont longs : 50 pages environ, pourtant ce livre ne dure qu'une petite semaine. Mais ce qui est important n'est pas tant ce qui se passe que ce que cela éveille chez le narrateur. 

Comme chez Proust, le récit est troué de nombreuses digressions. Elles permettent d'installer une certaine complicité avec le narrateur (on ne peut décemment pas l'appeler héros) et de distiller une ambiance à la fois physique et fantastique.

Pourtant au milieu du roman, ce sont ces écarts qui entachent la fluidité de la lecture. Ils partent tant dans tous les sens que l'auteur lui-même ne sait plus comment les ramener à l'ordre ou, tout du moins au récit.

Mais la fin du livre se recentre sur les relations entre les deux hommes, l'errant et le Tatar. Et l'on retrouve avec plaisir cet impressionnisme d'humeurs, de lieux, de personnes et d'ambiances.

Est-il vraiment errant? Est-il vraiment Tatar. Cette Yalta qu'ils clament existe-t-elle ou n'est-elle que le reflet de ce qu'ils veulent y voir, que le fantasme d'une ville fantastique et littéraire? Pasternak, Dostoïevsky, Tchekov et surtout Gogol les ont tous deux imprimés d'images si fortes.

Mais qu'importe la vérité ou le mensonge , l'important est que la réalité ou le fantasme permettent de brûler de vie et de se  retrouver.

La conclusion du livre est donc pour moi de trop.


Conclusion

 

Un très beau roman, étonnamment écrit. Un va et vient assez obsédant aux franges de la réalité et du fantasme. Un vrai plaisir de lire une langue aussi riche.

Malheureusement la partie toute centrale du livre se dilue un peu et la conclusion vient fermer abruptement les portes que notre imagination avait ouvertes  : 15/20.

Ou arrachez les pages 221 à 235 et là : 17/20

 

Ce livre sur Livraddict:

 

Publié dans Livres

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skorpionnan 09/12/2010 23:21



Comment ça il t'a oublié ? tu as été sélectionné pour ce part  et il ne te l'a pas envoyé? ; il faudrait réclamer gentiment et je pense qu'ils arrangeraient ça.



Shanaa 09/12/2010 11:40



Sympa ta chronique spyd, je vais regretter que l'éditeur m'ait oublié :)